En mai 2025, HER a changé de propriétaire. Pour une application construite comme un espace protégé par et pour les femmes queer, ce genre d’annonce provoque toujours la même inquiétude dans la communauté : est-ce que ça va rester le même endroit ? Un an après, voici ce qui a changé, ce qui n’a pas bougé, et ce que raconte vraiment l’histoire de cette application.
HER est une application de rencontre et de communauté destinée aux femmes lesbiennes, bisexuelles et queer ainsi qu’aux personnes non binaires, lancée en 2013 sous le nom Dattch par Robyn Exton et rebaptisée HER en 2015. Elle a été rachetée par Match Group en mai 2025, son équipe dirigeante restant en place. L’usage de base est gratuit, avec un abonnement optionnel.
Les repères à retenir
- 2013 : lancement sous le nom Dattch, à Londres
- 2015 : changement de nom pour HER
- Mai 2025 : rachat par Match Group, montant non divulgué
- Une double fonction assumée : rencontre et espaces communautaires
Non, HER n’a pas été fondée en 2015
C’est l’erreur que reprennent la plupart des articles francophones, et elle efface deux années de l’histoire de l’application. HER a été lancée en 2013 à Londres sous le nom Dattch, par Robyn Exton, à une époque où les applications de rencontre lesbiennes se résumaient à des versions dérivées d’applications pour hommes gays. Le changement de nom pour HER date de 2015.
Ce détail n’en est pas un. Il situe HER parmi les toutes premières applications pensées dès l’origine pour les femmes queer, et non adaptées après coup. C’est aussi ce qui explique la place qu’y occupe le volet communautaire, très inhabituelle pour une application de rencontre.
Une application de rencontre doublée d’un réseau
Sur HER, le profil ne se limite pas à des photos et une bio. Il intègre les pronoms, l’identité de genre et l’orientation, avec un système de Pride Pins qui permet d’afficher ce qui compte pour soi, et des Political Pride Pins qui servent à filtrer selon les valeurs. Autrement dit, on filtre sur les convictions autant que sur la distance.
À cela s’ajoutent des espaces communautaires thématiques, plusieurs dizaines selon l’éditeur, et un onglet d’événements. On peut y ajouter des personnes en amies sans que la logique amoureuse soit imposée, ce qui explique qu’une partie des membres l’utilisent sans chercher de partenaire.
Ce que le rachat par Match Group change concrètement
Match Group, propriétaire de Tinder, Hinge et Meetic, a annoncé l’acquisition de HER le 20 mai 2025, sans divulguer le montant. Deux éléments ont été communiqués : l’équipe dirigeante reste en place, et Robyn Exton a justifié l’opération par l’accès aux infrastructures et aux outils de sécurité du groupe.
Notre lecture, et nous la donnons comme une opinion : pour une application de niche, adosser sa modération et sa sécurité à un groupe qui gère des dizaines de millions de comptes est un vrai gain technique. Le risque est ailleurs, dans l’uniformisation progressive des produits d’un même groupe. Sur ce point, un an de recul ne suffit pas à trancher, et nous préférons le dire plutôt que d’inventer un verdict.
Gratuit, Premium : où est le mur
L’usage de base est gratuit : créer un profil, parcourir, liker, discuter avec ses matchs, rejoindre les espaces communautaires. L’abonnement débloque un ensemble de fonctions de confort et de visibilité :
- Navigation sans publicité
- Statut en ligne en temps réel des autres membres
- Filtre par orientation sexuelle
- Voir qui vous a liké
- Swipes illimités, mode incognito et retour en arrière sur un profil passé
Aucune de ces options ne crée de rencontre à votre place. Elles font gagner du temps, ce qui n’est pas rien quand on cherche dans un vivier plus restreint que celui des applications généralistes.
Sécurité : le point à ne pas négliger
HER propose une vérification de profil par authentification via un compte de réseau social. C’est utile contre les faux comptes, mais cela reste une vérification légère : elle ne prouve pas l’identité, seulement l’existence d’un compte tiers.
Deux réflexes valent partout, et particulièrement sur une application liée à l’orientation sexuelle : ne jamais laisser filtrer d’information permettant de vous localiser avant d’avoir rencontré la personne, et garder à l’esprit que les données révélant l’orientation sexuelle relèvent des catégories particulières de données de l’article 9 du RGPD, au même titre que les données de santé. Ce ne sont pas des informations comme les autres, et elles ne se partagent pas comme telles.
HER est-elle utilisable en France ?
Oui, l’application est disponible dans un grand nombre de pays et revendique plus de 15 millions d’inscrits dans plus de 114 pays. Ce chiffre est communiqué par l’éditeur, pas audité : comme toujours, seul un test dans votre ville dira si le vivier local est suffisant.
Faut-il choisir HER ou une application généraliste ?
Les deux se complètent. Une application généraliste offre du volume, HER offre un contexte où l’orientation n’a pas à être expliquée ni négociée. Nous avons comparé son fonctionnement à celui d’une autre grande plateforme communautaire dans notre comparatif des plateformes de rencontres LGBTQ+, si vous hésitez entre les deux logiques.
Peut-on utiliser HER sans chercher de relation amoureuse ?
Oui, et une partie des membres le fait. Les espaces communautaires et les événements sont pensés pour créer du lien social, ce qui reste rare parmi les applications de rencontre.
Le match est fait, et maintenant ?
Le passage de la conversation au premier café reste l’étape où tout se joue, quelle que soit l’application.
Publié le 30 mai 2024, mis à jour le 9 août 2026. Informations vérifiées en août 2026 sur le site officiel de HER et dans le communiqué d’acquisition de Match Group du 20 mai 2025. Les chiffres d’audience cités sont communiqués par l’éditeur et ne font pas l’objet d’un audit indépendant.
