Surmonter les dysfonctions sexuelles: Vous n’êtes pas seul(e)

dysfonctions sexuelles
Acceuil 9 Conseils Sexo 9 Surmonter les dysfonctions sexuelles: Vous n’êtes pas seul(e)
Résumer cet article avec :
Conseils Sexo

Le 26 mai 2026, Santé publique France a publié dans son bulletin épidémiologique les premiers chiffres français sérieux sur le sujet depuis vingt ans. Ils tiennent en une ligne : plus d’une femme sur trois et près d’un homme sur cinq déclarent au moins une difficulté sexuelle qui dure. Si vous êtes concerné, vous n’êtes donc pas dans l’exception. Vous êtes dans la moyenne.

Une difficulté sexuelle devient un trouble quand elle s’installe au-delà de six mois, se répète à chaque rapport et provoque une gêne réelle. En France, 36,4 % des femmes et 18,9 % des hommes sexuellement actifs en déclarent au moins une, selon l’enquête Contexte des sexualités en France 2023. Le premier interlocuteur reste le médecin traitant, y compris quand la cause paraît évidemment psychologique.

Les repères utiles

  • Le seuil retenu par les classifications médicales est de six mois de persistance
  • Un trouble n’en est un que s’il gêne : 21,2 % des femmes et 10,9 % des hommes rapportent une réelle détresse
  • Le titre de sexologue n’est pas protégé en France : la formation initiale du praticien compte
  • Les traitements de l’érection par comprimé ne sont pas remboursés par l’Assurance Maladie

Ce que dit la dernière enquête française

Les chiffres viennent de l’enquête Contexte des sexualités en France 2023, menée par l’Inserm avec l’ANRS-Maladies infectieuses émergentes et Santé publique France, et publiés le 26 mai 2026 dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire. L’analyse porte sur 9 118 personnes de 18 à 89 ans, sexuellement actives dans l’année, en France métropolitaine.

Indicateur Femmes Hommes
Au moins un trouble sexuel persistant 36,4 % 18,9 %
Troubles vécus comme une source de détresse 21,2 % 10,9 %
Part des personnes concernées dont la vie sexuelle est affectée 58,2 % 57,6 %

Deux enseignements nous ont marqués. D’abord, tous les symptômes sont plus fréquents chez les femmes à tous les âges, sauf les difficultés à atteindre l’orgasme, alors que le sujet reste traité en France comme une affaire d’hommes. Ensuite, la nature des difficultés change avec l’âge : avant 30 ans, ce sont surtout le manque de désir et les difficultés orgasmiques ; après 60 ans, la sécheresse vaginale et les troubles de l’érection prennent le dessus. Chez les hommes, la prévalence passe de 12,6 % entre 18 et 29 ans à 44,3 % entre 80 et 89 ans.

À partir de quand parle-t-on d’un trouble ?

C’est la question qui revient le plus souvent, et la réponse est plus rassurante qu’on ne le croit. Une panne isolée, un soir de fatigue ou une période sans désir après un deuil ou un déménagement ne sont pas des troubles sexuels. Les classifications médicales retiennent une durée supérieure à six mois, une répétition, et un retentissement réel sur la personne.

Quelques repères, tirés des sources publiques françaises et internationales :

  • Trouble de l’érection : incapacité à obtenir ou à maintenir une érection suffisante pour un rapport satisfaisant, retenue quand elle dure depuis plusieurs mois et se répète à chaque rapport. L’Assurance Maladie indique qu’elle concerne un peu plus d’un homme sur dix au cours de la vie, et qu’elle devient beaucoup plus fréquente à partir de 50 ans.
  • Éjaculation prématurée : la Société internationale de médecine sexuelle retient environ une minute après la pénétration pour les formes présentes depuis toujours, environ trois minutes pour celles qui apparaissent plus tard, avec incapacité à retarder et gêne associée.
  • Douleurs pendant les rapports : les dyspareunies désignent toute douleur aiguë ou chronique liée à une pénétration ou à une tentative. Une étude britannique de référence publiée en 2017 les situe autour de 7,5 % des femmes de 16 à 74 ans sexuellement actives.
  • Baisse du désir : elle ne se mesure pas en fréquence de rapports, mais à l’écart entre ce qu’on vit et ce qu’on souhaiterait vivre.

Ce qui pèse, en dehors du corps

L’étude française identifie des facteurs associés qu’on ne trouve pas dans les articles habituels sur le sujet. Les difficultés augmentent avec l’âge, mais aussi avec un état de santé dégradé, une maladie chronique, une incapacité fonctionnelle, un antécédent de pathologie urogénitale, et chez les femmes, un antécédent de violences sexuelles. Les personnes sans couverture sociale en déclarent également davantage.

Ce dernier point mérite qu’on s’y arrête. Il rappelle qu’une difficulté sexuelle n’est presque jamais un problème mécanique isolé, et qu’une histoire personnelle lourde a le droit d’être prise en compte dans la consultation. Personne n’a à s’excuser de mettre du temps à en parler.

Une difficulté sexuelle n’est presque jamais un problème mécanique isolé.

Qui consulter, et dans quel ordre

Le médecin traitant reste la bonne première porte, même quand la cause semble évidemment psychologique. C’est lui qui écarte une cause organique, revoit les traitements en cours, dont certains antihypertenseurs et antidépresseurs qui pèsent sur la fonction sexuelle, et qui oriente ensuite.

Deuxième point, essentiel et rarement dit : le titre de sexologue n’est pas protégé en France. N’importe qui peut se déclarer sexologue. Un praticien sérieux est d’abord un professionnel de santé, médecin, sage-femme ou psychologue, titulaire d’un diplôme interuniversitaire de sexologie. Cette information figure normalement sur sa page de présentation. Si elle n’y est pas, la question se pose au téléphone avant de prendre rendez-vous.

Selon la difficulté, d’autres professionnels interviennent : gynécologue spécialisé dans les douleurs pelviennes, urologue, kinésithérapeute formé au périnée, psychologue. La liste publiée par Santé publique France sur les douleurs pendant les rapports en cite une dizaine, ce qui dit assez que le parcours n’est pas unique.

Ce qui est remboursé, et ce qui ne l’est pas

Autant le savoir avant la consultation. D’après l’Assurance Maladie, page mise à jour le 30 janvier 2026 : les médicaments facilitateurs de l’érection par voie orale ne sont pas pris en charge, quel que soit le principe actif. Le traitement par voie intra-urétrale ne l’est pas non plus.

Les injections intracaverneuses d’alprostadil font exception : elles sont remboursées lorsque le trouble est lié à une atteinte organique définie et grave, notamment paraplégie ou tétraplégie, traumatisme du bassin avec troubles urinaires, séquelles de chirurgie de la prostate ou de la vessie, radiothérapie abdominopelvienne, neuropathie diabétique ou sclérose en plaques. La consultation médicale, elle, est prise en charge dans les conditions habituelles.

Ce qu’on peut faire à deux, en attendant

Nous ne sommes ni médecins ni thérapeutes, et nous nous garderons bien de donner un protocole. Ce dont nous pouvons parler, c’est de ce qui se passe dans le couple pendant ces mois-là, parce que nous l’avons traversé comme beaucoup de monde.

Le piège, c’est le silence poli. Chacun se raconte une histoire dans son coin : lui pense qu’il n’est plus désiré, elle pense qu’elle n’est plus désirable, et personne ne vérifie. Nommer la difficulté à voix haute, une fois, calmement, désamorce plus de choses qu’un mois de délicatesse. Ce n’est pas facile, et c’est exactement ce qui fait la différence entre un passage à vide et une distance qui s’installe. Nos astuces pour améliorer la communication dans un couple valent largement pour ce sujet-là.

L’autre réflexe qui aide : arrêter provisoirement de faire de la pénétration l’objectif de la soirée. Ça retire la pression de performance, que l’Assurance Maladie cite explicitement parmi les causes psychologiques des troubles de l’érection, et ça remet du plaisir là où il n’y avait plus qu’un examen à passer.

Trois questions fréquentes

Faut-il consulter à deux ou seul ?

Les deux se pratiquent. Une première consultation seul permet souvent de poser les choses sans filtre. Venir à deux prend tout son sens quand la difficulté touche la relation autant que le corps, ce qui est fréquent.

L’âge condamne-t-il la vie sexuelle ?

Non. Les difficultés augmentent avec l’âge, l’enquête française est claire là-dessus, mais augmenter n’est pas devenir la règle : même entre 80 et 89 ans, plus de la moitié des hommes interrogés ne déclarent aucun trouble persistant.

Les compléments alimentaires vendus en ligne servent-ils à quelque chose ?

Aucune source publique française ne les recommande dans cette indication, et certains interagissent avec des traitements en cours. C’est une raison de plus de passer par un médecin plutôt que par un moteur de recherche.

Cet article donne une information générale et ne remplace en aucun cas une consultation médicale. Pour toute difficulté sexuelle persistante, une douleur, ou une souffrance psychologique liée à ces sujets, parlez-en à votre médecin traitant ou à un professionnel de santé qualifié.

Le sujet ne disparaît pas avec les années

Après 60 ans, la nature des difficultés change, et les solutions aussi.

Sexualité senior : vos meilleures années devant vous

Publié le 9 février 2024, mis à jour le 12 août 2026. Sources consultées le 12 août 2026 : Santé publique France, Bulletin épidémiologique hebdomadaire n° 12-13 du 26 mai 2026, « Dysfonctions sexuelles chez les personnes sexuellement actives en France et impact sur la satisfaction sexuelle », données de l’enquête Contexte des sexualités en France 2023 (Inserm, ANRS-Maladies infectieuses émergentes, Santé publique France), échantillon de 9 118 personnes de 18 à 89 ans. Assurance Maladie (ameli.fr), fiches « Définition, fréquence et causes des troubles de l’érection » et « Consultation et traitement des troubles de l’érection », mises à jour le 30 janvier 2026. Santé publique France, site questionsexualite.fr, fiche sur les dyspareunies, citant Mitchell KR et coll., BJOG, 2017. Repères de durée de l’éjaculation prématurée d’après les recommandations de la Société internationale de médecine sexuelle relayées par la littérature urologique francophone.

La première fois: Conseils pour une expérience positive

Conseils Sexo On range toujours la première fois du côté de l'adolescence, comme une case à cocher avant la majorité. La dernière grande enquête française sur la sexualité dit autre chose, et c'est plutôt une bonne nouvelle pour tous ceux qui se posent encore la...

Sexualité et plaisir: Redécouvrir l’art de la caresse

Conseils Sexo Il existe une vitesse de caresse que la peau préfère, et des chercheurs l'ont chronométrée. Trois centimètres par seconde. C'est lent, beaucoup plus lent que ce que nous faisions, et c'est la seule information qui a réellement changé quelque chose chez...

Aimer son corps: Le premier pas vers une sexualité épanouissante

Conseils Sexo On classe presque toujours ce sujet au rayon confiance en soi féminine, avec un miroir et une injonction à s'aimer. Une étude menée sur 201 hommes dit pourtant exactement la même chose qu'une autre menée sur 250 femmes. Ce n'est pas une question de...

Les tabous de la sexualité féminine: Comment les déconstruire

Conseils Sexo En 2016, l’association britannique The Eve Appeal a interrogé 1 000 femmes sur leur propre anatomie. Six sur dix n’ont pas su situer la vulve sur un schéma, et moins d’une sur trois a placé correctement six étiquettes, contre environ sept sur dix quand...

Vivre une sexualité hors normes: Briser les tabous

Conseils Sexo « Hors normes » est un drôle de mot. Il suppose qu’il existerait une norme mesurée, à laquelle comparer les gens. Nous avons cherché cette norme dans les deux grandes enquêtes disponibles, l’une française et l’autre canadienne. Elle n’existe pas. Ce qui...